mercredi 25 août 2010

Amours en marge - Yoko Ogawa


Mon premier roman de Yoko Ogawa, Hôtel Iris, avait été un plaisir à lire, un univers très glauque qui avait su me charmer. Ce roman, Amours en marge, est totalement différent. C'est impressionnant de voir comme Yoko Ogawa peut se renouveler.

Ici tout est poétique, lent et comme entouré de ouate ou de coton.
Une jeune femme se réveille un matin, des bourdonnements dans les oreilles. Ce mal s'amplifie et elle perçoit le moindre chuchotement comme un hurlement, au point de fuir la société. Lorsqu'elle accepte de parler de sa maladie à un journal de santé, elle rencontre Y, un sténographe et devient fasciner par ses mains. L'homme en lui même est inintéressant mais ses doigts exercent sur elle une magie, une emprise.

Un roman particulier, qui doit être lu à des moments précis de la vie. Si je l'avais lu à un autre moment, je ne l'aurais peut-être pas tant apprécié. Le soir, quand j'ouvrais ses pages, je me retrouvais au calme, dans un monde silencieux fait de chuchotements, de glissements, du parfum des jasmins et de poudre de neige. Un monde poétique, lent et une héroïne qui ne fait finalement pourtant pas grand chose.

Car, c'est vrai, il ne se passe quasiment rien. Et pourtant les descriptions de Yoko Ogawa sont tellement magnifique que l'on se laisse transporter. C'est une histoire d'amour entre une femme malade et des mains qui ont presque une vie propre, une histoire où jusqu'au bout on s'interroge sur le but de l'auteur, que l'on ne comprendra que dans les toutes dernières pages.

Il ne faut pas chercher à tout comprendre pour apprécier ce récit. Il faut se laisser porter par le silence, la description des bruits insignifiants de la vie quotidienne, le bruit des pas dans la neige fraîche, ses mains magnifiques.

"J'ai regardé Y. Mais je me suis rendu compte aussitôt que c'était inutile. Il ne voyait rien, il ne sentait rien. M'ayant confié ses doigts, il n'était plus qu'une ombre fragile au clair de lune. Une ombre qui n'existait que pour ses doigts."

Une lecture qui participe au challenge "In the Mood for Japan" organisé par Choco.


Ainsi qu'à la découverte du mois chez Pimprenelle


Les autres lectures sont visibles sur le billet récapitulatif de Pimprenelle.

16 commentaires:

Pimprenelle a dit…

J'ai lu et adoré Hôtel Iris, mais j'hésite un peu pour celui-ci. J'ai peur de m'ennuyer un peu s'il ne se passe pas grand-chose..

Stephie a dit…

J'adore ce pan de l'écriture d'Ogawa, je note !

zorane a dit…

Comme Pimprenelle, j'ai besoin d'intrigue

mirontaine a dit…

J'avais hésité avec ce titre! J'ai la même impression que toi, on lit Ogawa et l'on se sent dans un cocon.

Clarabel, maso mais pas trop, et encore ? a dit…

J'aime bien cet auteur, mais elle m'a tellement malmenée à une période que j'ai pris beaucoup de recul, et peut-être un jour me réconcilierais-je avec elle ... :)
(Et puis, pour l'instant, j'attends de retourner dans l'arène !!!)

Sandy a dit…

Pimprenelle : en même temps, on est curieux de savoir où elle veut en venir !

Stéphie : J'aime de plus en plus cette auteur !

Zorane : alors il y a d'autres romans d'Ogawa à découvrir !

Miremontaine : oui une petite bulle confortable et légère !

clarabel : Pourquoi malmenée ? Heu... l'arène c'est Hunger Game ??

Clarabel a dit…

Bah oui. Je n'ai qu'un objectif, tu as su le nommer. :)
Donc, Yoko Ogawa et moi, c'est une grande histoire d'amour. J'aime beaucoup son style, même son univers bizarroïde m'enchante, m'envoûte mais me met à plat. J'ai lu plusieurs de ses livres, à chaque fois j'étais scotchée, fascinée par son aisance à nous séduire et nous intriguer, et souvent je me sentais mal à l'aise tellement c'était poétique, mais aussi glauque, inquiétant et énigmatique.
C'est beaucoup d'émotions à chaque fois, et moi, tu le sais, je suis une lectrice fragile. J'ai besoin d'être ménagée. :p
Voilà. J'ai conscience de paraître bien contradictoire, mais tant pis. Hihi

Sandy a dit…

Alors note que celui-ci n'est pas du tout glauque !
Je cherche, je cherche mais non, je ne vois rien de glauque, juste un moment de poésie hors du temps !

Noukette a dit…

Je ne sais pas si j'aimerai celui là... J'aime les silences dans les romans mais j'aime aussi qu'il s'y passe quelque chose. L'univers de Ogawa est en tous cas très particulier !

L'or des chambres a dit…

Ah oui cela là me tente beaucoup, je note. En plus je suis en pleine lecture de cet auteur, "les tendres plaintes", c'est le premier que je lis de cet auteur et je peux déjà dire que l'écriture m'emporte...
Bonne journée Sandy

Pickwick a dit…

Il faut vraiment que je commence ce challenge ! Mais les récits trop lents me tombent des mains en ce moment, ce ne serait donc pas un bon choix...

Sandy a dit…

Noukette : dans celui-ci il ne se passe rien d'exceptionnel mais pour une fois ça ne m'a pas gênée !

L'or des chambres : oui, je pense que tu aimerais ce roman, c'est tout doux et bien écrit !

Pickwick : Fuis, fuis !! Ce roman n'est pas pour toi en ce moment !! ;o)

Azilis a dit…

Ce titre ne me tente pas pour tout de suite... mais pourquoi pas plus tard... à voir!

Kikine a dit…

Je pense que je vais l'aimer celui-ci aussi

leslivresdegeorgesandetmoi a dit…

Tu me donnes très envie de le lire... je le note dans ma LAL, oui j'ai une LAL maintenant !!! ;)

Sandy a dit…

@ Azilis : pas de raison de se forcer... il y a des livres pour chaque période de la vie ! ;o)

@ kikine : Je n'ai pas lu "La petite pièce hexagonale" mais on y retrouve visiblement certains thèmes donc il y a des chances pour que celui-ci te plaise aussi ! ;o)

@ Georges : Je pense qu'il devrait te plaire ! Bon courage pour gérer ta nouvelle LAL !